Table-ronde des Partenaires pour le financement du RGPH5

Des engagements qui laissent espérer la bonne tenue du dénombrement en novembre 2021

L’Institut National de la Statistique (INSTAT), sous l’égide du Ministère de l’Economie et des Finances, envisage mettre en œuvre, du 13 novembre au 12 décembre 2021, le dénombrement du Cinquième Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH5). Cependant, la perspective se bute à une insuffisance de ressources financières. Le budget global du RGPH5 s’élève à 25,4 milliards de F CFA, avec un gap de 9,4 milliards. D’où l’organisation par le Ministre de l’Economie et des Finances, Monsieur Alousseni SANOU, d’une Table-ronde des bailleurs de fonds, le 11 mars 2021, pour combler ce gap de financement. La présente Table-ronde, qui s’est tenue par visioconférence, représente la deuxième du genre sur le financement du RGPH5, après celle de 2017.

La conduite du RGPH est un processus coûteux dont la réalisation exige des moyens humains, matériels et financiers considérables. L’opération à laquelle le Mali s’est engagé à mettre en œuvre est évaluée aujourd’hui à 25,4 milliards de F CFA. Le gap du financement dudit budget s’élève à 9,4 milliards. D’où la décision d’organiser une table-ronde des bailleurs de fonds pour combler ce gap.

La rencontre virtuelle s’est tenue, le 11 mars 2021, sous l’égide du Ministre de l’Economie et des Finances, avec la participation remarquable du Représentant-Résident de l’UNFPA, coordinateur du sous-groupe statistique des partenaires techniques et financiers, Monsieur Eugène KONGNYNY, du Représentant de l’Ambassade d’Allemagne au Mali, Coordinateur du groupe Economie et Statistique, Monsieur Ole Andréas, du Coordinateur du Système des nations unies du Mali, Mme Mbaranga GASARABWE, ainsi que le Directeur de la Coopération Multilatérale du Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale, Monsieur Seydou COULIBALY.

Plus d’une vingtaine de représentants d’autres organisations bilatérales et multilatérales ont pris part à cette rencontre. On peut y citer la Coopération suédoise ; l’USAID ; les ambassades du Royaume de la Norvège, de la Suisse, de l’émirat du Qatar, du Japon, du Luxembourg ; mais aussi AFRISTAT, l’UNICEF, la BAD, la Banque Mondiale.

Les « efforts réalisés ne doivent pas être vains »

L’objectif général du cinquième Recensement Général de la Population et de l’Habitat du Mali est de contribuer à l’amélioration de la connaissance de la situation démographique, sociale et économique du pays. Il doit permettre une meilleure formulation des programmes et stratégies de développement. Au plan international, il s’inscrit dans le cycle des recensements de la série 2020, programmé par la Commission de la Statistique des Nations Unies pour la période 2015 – 2024. La principale innovation de ce cycle de recensements est l’utilisation des technologies de l’information et de la communication pour la collecte et le traitement des données.

Les travaux préliminaires et intermédiaires du RGPH5 sont en cours depuis quelques années. Celles-ci ont permis de réaliser, entre autres, la cartographie censitaire, le recensement pilote et l’enquête post-censitaire test. « Nous sommes, à présent, à une autre phase cruciale du processus de mise en œuvre du recensement. Il s’agit du Dénombrement Général », a rappelé le Ministre SANOU, qui a remercié les organisations bilatérales et multilatérales pour leurs appuis. Mais « il est inadmissible que nous ne puissions pas réaliser le dénombrement », a-t-il déclaré, soulignant que la statistique « est un outil indispensable à la prise de décision et à l’évaluation des défis et des progrès réalisés pour assurer le bien-être des populations ».

« Nous avons mobilisé des ressources non négligeables de 14,8 milliards de F CFA pour les premières phases de ce recensement… Le dénombrement prévu pour novembre-décembre de cette année est capital pour sécuriser ces investissements déjà réalisés », a plaidé pour sa part Monsieur Eugène KONGNYNY. « Ces efforts ne doivent pas être vains ! », a souligné pour sa part Mme Mme Mbarangue KASARABWE.

Des promesses rassurantes !

Outre l’Etat malien qui s’est engagé à accompagner le recensement à hauteur de 5 milliards de F CFA, le processus de mise en œuvre de l’opération était, jusqu’à la tenue de cette conférence, accompagné par la Banque Mondiale, le Japon, la Norvège, les Pays-Bas, la Suède, l’Allemagne, l’UNHCR, l’UNFPA et l’USAID, à travers des appuis techniques et/ou financiers.

A la faveur de la conférence, la Suède s’est engagée à rehausser le niveau de sa contribution de deux millions d’euro supplémentaire. Ce qui relèvera le niveau de contribution de ce pays au financement du RGPH5 à 4,5 millions d’euros, soient près de 3 milliards de F CFA.

L’UNICEF et la Suisse pourraient être les dixième et onzième organismes contributaires au financement du RGPG5. Leurs représentants se sont engagés dans ce sens, avec un montant de 400 000 dollars pour le premier, mobilisable dès la fin de ce mois de mars. Quant au second partenaire, en l’occurrence la Suisse, il s’engage à définir très prochainement le montant de sa contribution, lequel sera, dit-il, mobilisable à partir du mois d’avril.

Plusieurs autres partenaires, à l’image du Qatar, ont promu de rendre compte à leur hiérarchie et de revenir très prochainement avec de possibles annonces budgétaires.

Solide expérience en matière de recensement

En dépit de tout, le Mali a une bonne expérience dans l’organisation des Recensements Généraux de la Population et de l’Habitat. Le pays a, à son actif, quatre RGPH réussi de son histoire : 1976, 1987, 1998 et 2009. Le pays est l’un des premiers sur le continent à s’engager dans un processus de recensement numérique, tel que recommandé dans la série 2020 des Nations Unies. L’un des enjeux politiques majeurs du RGPH5 est que ses données peuvent, d’une part, contribuer à assurer, entre autres, l’équité dans la répartition des sièges à l’Assemblée Nationale et faciliter, d’autre part, l’opérationnalisation des régions non encore fonctionnelles, ou encore la situation de l’ensemble des déplacés internes.

Il faut noter qu’au Mali la base de sondage des enquêtes périodiques est tirée des données du dernier Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH). Le RGPH fournit des indicateurs non seulement sur la taille, la composition et la répartition spatiale de la population, mais aussi sur les mouvements naturels et migratoires ainsi que sur les caractéristiques des logements et les conditions de vie des ménages. La loi institue une périodicité de dix (10) ans pour la réalisation de cette opération. C’est dans ce cadre que s’inscrit le RGPH5. La dernière opération dudit recensement au Mali remonte à 2009.